10ème édition – du 8 au 17 juin 2023 – Galerie du Crous, 75006 Paris
Monstrueux, le merveilleux à rebours
“Le monstrueux est du merveilleux à rebours, mais c’est du merveilleux malgré tout. D’une part, il inquiète : la vie est moins sûre d’elle-même qu’on n’avait pu le penser. D’autre part, il valorise : puisque la vie est capable d’échecs, toutes ses réussites sont des échecs évités”.
Georges Canguilhem, La connaissance de la vie, (1965)
Par l’écart à la norme qu’il introduit dans le réel ou dans l’imaginaire, le monstrueux provoque à la fois terreur et fascination et crée une faille dans l’uniformité du quotidien. Il nous rend soudain sensibles à l’accident et à l’imprévisible. Le monstre est celui que l’on montre en pointant du doigt, mais c’est aussi celui qui avertit et donne un présage. Les monstres surgissent à l’heure où l’on éteint la lumière – à l’heure de la crise – et leur présence doit nous entraîner à questionner notre temps.
Prix du Jury
HaYoung, artiste
Théo Diers, curateur
The Life Story of GD
Installation vidéo, 7′, gaines de ventilation, silicone, spots
2020
The Life Story of GD imagine un récit à partir du T-Rex Game, ce jeu qui apparaît sur la page des utilisateur·ices de Google chaque fois que l’accès à internet n’est pas établi, qu’il y a un bug. En français, « jeu » se traduit par l’action de jouer mais peut aussi désigner du « mou », de l’espace disponible. Ici, le bug crée du jeu, signifiant que lorsqu’un système ne fonctionne plus, il est permis de s’en libérer et de s’en amuser. C’est ce qu’HaYoung choisit de faire en déroulant une fiction autour de GD, un dinosaure cherchant désespérément quelqu’un pour lui gratter le nombril, et croisant la route de cookies informatiques au sein d’une rave 3D géante.
Tout en évoquant la figure pop du T-Rex, monstre gentil ou effrayant, The Life Story of GD nous donne accès à un autre monde, celui des personnages d’Internet de notre quotidien. Au sein d’une installation qui semble déborder de la vidéo et nous inviter à entrer dans cet univers, le récit de GD incarne avec humour certains comportements numériques contemporains, qui trahissent à la fois une profonde quête d’identité personnelle, mais aussi une réelle tentative de se connecter aux autres.




