am i a nepo baby?

debut album partie 1

18 rue des Quatre-Fils, Paris 3ème   

20 – 23 mars 2024 

Les nepo babies sont les enfants de stars, celles et ceux qui naissent déjà célèbres. L’expression est utilisée depuis quelques années pour désigner les personnes qui en ont inévitablement tiré parti dans leur carrière, en particulier dans les industries créatives telles que la musique ou le cinéma. 

Tout en définissant un mode d’accès au succès, cette terminologie m’intéresse car elle revêt un caractère intime, voire charnel : de qui est-on l’enfant ? Et pourquoi cela est-il davantage important lorsque la création est en jeu ? Plus largement encore : de qui, de quoi, est-on parent ? 

Ainsi, je m’empare de l’expression nepo baby pour donner corps à une forme de généalogie de la création.L’exposition est donc un moyen de se questionner sur la manière dont on devient artiste et sur le rôle que joue notre environnement dans ce processus.

À ces questions, je décide de fournir une réponse double, teintée de sciences sociales et de pop culture, prises tour à tour comme sources de déterminismes et de potentiels. Ma méthode se complète d’ajouts autobiographiques, qui font écho à la plupart des pièces de l’exposition, et répondent à mon désir d’exposer des personnes qui ne se présentent pas comme artistes au quotidien. 

En rassemblant des peintures, vidéos, collages, dessins et photos, am i a nepo baby? est une exposition portant sur les affects profonds et entrelacés qui poussent à l’acte de créer.

exposition collective de Paul Garcin, Nalla El Shekshaky, Luke Diers, Dana Cavigny, Patrick Diers, Elisabeth Gomes-Barradas, Nina Orliange et Harilay Rabenjamina curatée par Théo Diers 

Paul Garcin 

La pratique de Paul Garcin se situe à l’intersection de la scène et des arts visuels. Son travail référence la musique pop à travers la production de chansons, de clips, de textes et de performances inspirées de sa vie personnelle. Dans la vidéo présentée ici, Paul revient notamment sur son apprentissage de la mandoline, au sein duquel on peut déceler avec tendresse la plupart des éléments de genèse de sa démarche actuelle. 

Nalla El Shekshaky 

Nalla El Shekshaky dessine depuis qu’elle est enfant. N’ayant pas suivi de cursus artistique académique, ses œuvres n’ont presque jamais été exposées. Dans ses tableaux récents, elle mêle des références culturelles à des souvenirs d’adolescence et opère ainsi un syncrétisme exaltant entre fantasme et quotidien. Étant une de mes amies les plus proches, nos discussions ont contribué à faire émerger le contexte d’apparition de cette exposition. 

Luke Diers 

Les collages et dessins de Luke Diers constituent l’une de ses nombreuses pratiques autodidactes. Au sein de compositions réalisées dans sa chambre, il tente d’apprivoiser son environnement, ses émotions et le récit de sa vie. Les pièces présentées ici illustrent des questionnements au sujet d’histoires sentimentales, de la vie en communauté ou du genre. Luke est mon adelphe, ses pièces sont exposées pour la toute première fois. 

Dana Cavigny 

Dana Cavigny monumentalise ses souvenirs d’enfance. Elle emmagasine dans son atelier aux Beaux-Arts de Cergy ses albums de famille, en extrait certaines photographies et en réalise des croquis qu’elle dessine ensuite sur très grand format. Les deux dessins choisis font partie d’un corpus d’œuvres bien plus large qui traduit l’intuition, et parfois même la nécessité, qui guide certain·es artistes à adopter une approche autobiographique de leur travail. 

Patrick Diers

Un texte écrit en 1988 et des planches réalisées à la fin des années 1980 coexistent avec les œuvres récentes des autres artistes. Il s’agit de pièces réalisées par mon père lors de sa scolarité à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs. La décision d’inclure ces œuvres au sein de ce projet est une manière pour moi de parler à la première personne des sujets que j’y évoque. Aujourd’hui décédé, la question d’une généalogie créative entre Luke, moi-même et notre père demeure incomplète. Les pièces sélectionnées, à savoir un essai de fan fiction et des esquisses de mode, constituent par ailleurs des témoins d’une pop culture d’autres décennies et offrent de nouveaux éléments pour aborder la question de l’inspiration, au cœur de l’exposition.

Elisabeth Gomes-Barradas 

Cette série de photographies d’Elisabeth Gomes-Barradas met en scène ses proches et des personnes qu’elle a casté pour leur tirer le portrait à la manière de stars. Ce projet comporte plusieurs formats par personnage, dont des pochettes d’albums. Dans les photographies exposées ici, Elisabeth réussit à donner l’illusion d’une réelle campagne promotionnelle. Son travail d’image révèle les trajectoires personnelles que l’on peut rêver emprunter, tout en affirmant sa parenté avec une esthétique particulière.

Nina Orliange 

Le court-métrage Les Étoiles documente avec douceur l’activité artistique de plusieurs adolescent·es, en particulier de la danse et de la musique. Le film fait écho à la pratique de la photographie de Nina Orliange, marquée par la réalisation de portraits de jeunes dans leur environnement artistique, ou en studio. Les clichés exposés ici sont issus de la série Poster Girl, Poster Boy où Nina a proposé à un groupe de jeunes, fan de K-pop et produisant des dance-cover pour les réseaux sociaux, de réaliser leurs portraits à la manière d’un lookbook.  

Harilay Rabenjamina 

Harilay Rabenjamina mène un travail pluriel au sein duquel la vidéo et la composition musicale ont une place de choix. La série de quatre vidéos exposée questionne le rapport à soi et à ses capacités personnelles. Elle semble offrir un écho ironique aux atermoiements réflexifs qui peuvent caractériser le processus créatif, et qui sont également à l’origine de cette proposition d’exposition. 

Résident·es de Non-étoile

Lors de ma résidence à non-étoile, j’ai fait passer un questionnaire aux artistes résident·es, en lien avec les sujets abordés dans l’exposition. Mon souhait était d’appliquer une méthode sociologique quantitative à des questionnements quasi-existentiels qui nécessiteraient des développements plus amples. La rencontre de ces deux approches a pour vocation de créer des résultats curieux, à la fois sérieux et amusants, pouvant fournir un commentaire à l’exposition.

Exposition réalisée dans le cadre de la résidence curatoriale de Théo Diers aux ateliers non-étoile. 

Remerciements : Azadeh, Hugo, Perrine, Romane et Yves pour leur accueil à non-étoile ainsi que tous les artistes résident·es que j’ai croisé·es et qui ont répondu au questionnaire, et bien évidemment tous les artistes de l’exposition Paul, Nalla, Elisabeth, Dana, Harilay, Luke, Nina, merci Luke et Jeanne Champenois—Masset pour la réédition du texte de Patrick, Marthe Adenot pour tout le graphisme, Axel, Véronique, Pierre, Liz et Mélanie, Fatima, Clément, Pauline, Gwladys, Amance, Julien, Agnès, Arianna, Juliette.

debut album est une série d’expositions et d’évènements prenant place de mars à juin 2024. en rassemblant le travail d’une quinzaine d’artistes venant principalement des arts visuels, elle aborde d’un point de vue sociologique et pop certains thèmes inhérents au travail créatifs tels que l’origine sociale, les affects, l’argent, l’engagement, la jeunesse, les valeurs, la légitimité, la production de savoir, la joie.

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