megalomelancholia

Pavillon Carré de Baudouin, 121 rue de Ménilmontant, Paris 20ème

Exposition collective avec Sarah-Anaïs Desbenoît, Larissa Fassler, Dorian Rigal Minuit, Marielle Chabal, Lou Fauroux, Camille Juthier, Ève K. Tremblay

10 avril – 19 juillet 2025

L’exposition megalomelancholia interroge la manière dont nous construisons l’espace à l’aide de notre sensibilité.

Dès notre arrivée au Carré de Baudoin, nous sommes invité·es à emprunter le chemin inverse de la circulation habituelle. À partir de là, megalomelancholia s’envisage comme un parcours. L’exposition rassemble sept artistes de générations et de scènes différentes, dont le travail s’articule autour d’esthétiques fortes. Iels ont créé pour l’occasion plus de la moitié des œuvres de l’exposition et excellent dans leurs domaines, qu’il s’agisse de l’architecture, de la fiction, de l’image ou du volume. 

Certaines œuvres adoptent la forme de maquettes, d’autres imaginent des bâtiments qui prennent vie, d’autres encore esquissent des circulations sensibles. Les références à l’urbanisme, à la philosophie ou à la pop culture s’y mêlent et le fictif semble sans cesse rejoindre le réel. L’exposition est finalement traversée par une tension entre ce qui est et ce qui pourrait être. Il en ressort l’évidence d’un monde en mouvement, et de la part que nous pouvons y prendre. 

megalomelancholia apparaît alors comme un état, un endroit, tout un univers à créer. 

Sarah-Anaïs Desbenoit

Sarah-Anaïs Desbenoit est plasticienne et réalisatrice. Au sein de cette nouvelle création réalisée pour megalomelancholia, elle simule certains aspects de la traversée d’une ville et les ressentis que cela peut déclencher. L’extérieur semble se rejouer au sein de l’exposition et la lumière, le vent et les mouvements y ont leur place à part entière. Disposée dans la première salle, cette œuvre invite à regarder avec attention notre environnement esthétique et incarne le sentiment qui est à l’origine de l’exposition. 

Sarah-Anaïs Desbenoît, Demain j’peux le matin, 2025

Larissa Fassler

Le travail de Larissa Fassler est à la croisée de l’art et des sciences sociales. Il se nourrit principalement de protocoles d’observation et de contre-cartographie. Alexanderplatz est l’une de ses œuvres majeures. Elle y représente les couloirs et les quais souterrains de la station de métro berlinoise, à l’aide d’une méthode subjective de mesure des espaces. Alors que cet endroit de passage est banal pour ses usagers, il apparaît ici sous la forme d’un volume jusqu’à présent invisible, et dont les contours suscitent la curiosité.

Larissa Fassler, Alexanderplatz, 2006

Dorian Rigal Minuit

Artiste diplômé d’architecture, Minuit (Dorian Rigal) crée à l’intersection du réel et de l’imaginaire et se nourrit d’aller-retours entre modélisations et mises en espace. Son film La limite est une façade présenté ici met en scène différents immeubles représentants l’architecture de l’agglomération parisienne. Pour megalomelancholia, Minuit a souhaité prolonger cette vidéo par des œuvres en volume qui dissèquent les constructions, en travaillant différentes échelles et en leur donnant un aspect fantastique et numérique.

Dorian Rigal Minuit, Cyber-architecture S, 2025 (à gauche), Cyber-architecture M, 2025 (au centre), La limite est une façade, 2022 (à droite)

Marielle Chabal

Marielle Chabal réalise des expériences de pensée au long cours qui prennent la forme de projets collaboratifs. Elle utilise le genre de la fiction spéculative pour aborder certaines réalités politiques et les craintes qui peuvent y être associées. Pour megalomelancholia, elle présente des extraits d’Al Qamar, un projet mené entre 2016 et 2020 qui imagine le fonctionnement d’une cité dystopique dans une perspective critique et décoloniale, en le racontant par l’intermédiaire de ses bâtiments. Elle travaille par ailleurs régulièrement avec des chercheur·euses et organise des conférences sur le mode de l’université libre. 

Marielle Chabal, Al Qamar, 2016-2020

Lou Fauroux

Lou Fauroux est artiste, réalisatrice et DJ. Pour megalomelancholia, Lou présente K-Detox, sa dernière installation vidéo issue de la série The Internet Collapse, dans laquelle elle projette l’effondrement d’internet. Elle y imagine un centre de désintoxication à internet, créé par la famille Kardashian et Mark Zuckerberg, qu’elle met en scène avec plusieurs personnages. Tout en questionnant le rapport aux technologies, le travail de Lou Fauroux s’applique à détourner les récits de science-fiction dans une perspective queer et poétique. À cet égard, la sculpture Rosetta Stone B agit comme une archéologie du futur. Issue de la série WhatRemains, elle présente une traduction en code binaire du texte « I want a dyke for president » (Zoe Leonard, 1992). 

Lou Fauroux, K-Detox, 2024

Camille Juthier

Camille Juthier crée des installations sensorielles qui mêlent sculpture, image et texte. Son travail se nourrit des notions de soin, de guérison et de repos. Pour megalomelancholia, elle a créé un nouvel ensemble de mobilier qui évoque la circulation des souvenirs et des affects à travers des boîtes-fontaines, comme des tiroirs où l’on rangerait nos mémoires. Elles sont disposées autour d’un canapé central sur lequel les visiteur·euses sont invité·es à s’asseoir. Les motifs du cœur, de la fleur et de la larme caractéristiques de son travail y sont réunis, auxquels s’ajoute la présence de miroirs, notamment de sécurité, dont la fonction de surveillance est détournée dans une optique de protection et d’élargissement du réel.

Camille Juthier, Cosy lachrymal spit On me me memories-worries boxes, 2025

Ève K. Tremblay

Ève K. Tremblay a débuté son parcours au Québec en tant que photographe et plasticienne et a exposé son travail dans de nombreux pays. Pour megalomelancholia, elle présente une nouvelle installation composée de photographies imprimées sur lin et de céramiques, auxquelles s’ajoutent quelques dessins et livres. Les clichés sont issus d’une série encore jamais montrée, réalisée entre 2010 et 2017 lorsqu’Ève résidait à Union City (New Jersey), à dix minutes de Manhattan. Livrant un témoignage récent des États-Unis, cette série répond également aujourd’hui à la manière caractéristique qu’a Ève de présenter son travail, tel une géographie personnelle. 

Ève K. Tremblay, Marcher de l’art, 2025

photographies : Quentin Chevrier


programmation associée

villamelancholia

villa Savoye, 82 rue de Villiers, 78300 Poissy

Création sonore et lumière

7 juin 2025, 20h30-23h30

Comment l’architecture influe-t-elle sur notre sensibilité ? La villa Savoye en elle-même est-elle une structure sensible ? 

À la lueur du crépuscule puis de la lune, deux artistes donnent vie au monument. Le Frit, artiste sonore, joue une création live évolutive diffusée tout autour de la villa, tandis que Dorian Rigal Minuit, artiste et diplômé d’architecture, propose une création in situ mêlant mise en lumière et projection. 

À l’invitation du commissaire d’exposition Théo Diers, cette soirée fait écho à l’exposition megalomelancholia qui interroge les rapports entre espaces et émotions, actuellement présentée au Pavillon Carré de Baudouin (Paris 20ème) 

Dorian Rigal Minuit crée à l’intersection du numérique, de l’architecture, de la vidéo et du volume. Il établit des connexions entre le réel et l’imaginaire à travers ses créations qu’il déploie au sein d’expositions et sur les façades des bâtiments. 

Le Frit explore le son sous le prisme de la mémoire, comme une tentative de cartographier ses vécus et ses affects. Il tente de créer des mondes imaginaires composés de différents rythmes et textures. Sa musique mêle une sensibilité électro-acoustique et une approche expérimentale.

photographies : Léa Guintrand

faeries records

Carré de Baudouin, 21 juin 2025, 16h-22h

En écho à l’exposition megalomelancholia, Théo Diers invite le label faeries records à programmer 6 heures de musique à l’occasion de la Fête de la Musique dans le jardin du Pavillon Carré de Baudouin.

L.FRX
Nikita
Laura Trance
Sensit1ve
DjWürm
Malèna

photographies : @jjihaneeeeee

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