Université Sorbonne Paris Nord, Campus de Bobigny
Exposition présentant le travail d’Audrey Couppé de Kermadec et Giorgio van Meerwijk, en co-curation avec Mathilde Badie
1 octobre – 23 octobre 2025
Fruit d’une collaboration entre l’université Sorbonne Paris Nord et Artagon Pantin, cette exposition qui réunit le travail d’Audrey Couppé de Kermadec et de Giorgio Van Meerwijk interroge le rôle du végétal au sein des pratiques de soin.
À travers la peinture et la sculpture principalement, ces deux artistes composent des récits à partir des connaissances et des croyances qui sont associées aux plantes. S’intéressant à des géographies, des histoires et des cultures différentes, iels partagent un attrait pour les savoirs populaires, communautaires et vernaculaires parfois méconnus ou tombés en désuétude. Le prisme du végétal leur permet ainsi d’articuler leur univers esthétique à un champ théorique précis qui s’attèle à reconsidérer ces savoirs, pour la plupart écrasés par les cultures dominantes liées au soin, en particulier occidentales.
Pour Giorgio Van Meerwijk, cet intérêt s’est récemment cristallisé autour du millepertuis. Cette plante est utilisée depuis l’Antiquité notamment pour ses vertus cicatrisantes mais aussi pour sa symbolique spirituelle. Plus largement, son travail, particulièrement tourné vers le volume et le relief, révèle différentes manières de transformer la matière et d’entrer en relation avec son environnement.
Chez Audrey Couppé de Kermadec, l’attention portée au végétal est à lier avec les stratégies de résistance développées par les personnes esclavisées aux Antilles. Ces contextes ayant amené ces communautés à s’allier avec leurs environnements naturels, ses peintures illustrent des actes de soin et de régénération issus pour partie du Quimbois, terme désignant les pratiques magico-religieuses propres aux Antilles.
Au-delà de la question du soin, les relations entretenues entre les humains et les plantes dont ces artistes font état permettent aussi de tisser des communautés par le biais de rituels, de paroles et de transmissions qui constituent des cultures à part entière. Le titre de l’exposition y fait référence : le cataplasme, du grec kataplasma, désigne une préparation pâteuse à base de plantes broyées que l’on applique sur la peau dans un but thérapeutique. L’absorption de ces cataplasmes par voie cutanée est en quelque sorte une métaphore organique de l’imprégnation de ces récits pluriels. Il s’agit donc avec cette exposition de s’intéresser à ce que les plantes peuvent nous raconter, et à la façon dont elles permettent d’articuler histoire communautaire, soin, croyance et connaissance.
Mathilde Badie et Théo Diers




photo : Salomé Hévin. graphisme : Estelle Ndjop Pom